Le Rapport sur la Jeunesse 2025 vise à dresser un état des lieux des réalités vécues par les jeunes et les jeunes adultes au Luxembourg. Il met en lumière plusieurs domaines centraux, tels que l’éducation, les loisirs, les relations sociales, le bien-être et la digitalité.
Le rapport s’appuie notamment sur des études empiriques menées par le Centre for Childhood and Youth Research (CCY) de l’Université du Luxembourg. Il constitue une base scientifique pour une discussion éclairée sur les politiques de jeunesse et la responsabilité sociétale envers les jeunes.
La vie et le vécu des jeunes passent par des changements profonds, qui sont aussi déterminés par les transformations sociétales, économiques et technologiques. Cela étant, il est clair que la « jeunesse » n’est plus seulement un mot qui désigne une étape de la vie, le passage de l’enfance à l’âge adulte, mais aussi une catégorie sociale en tant que telle, connaissant ses propres défis et enjeux, ressources et modèles de comportement. Loin d’être uniforme, cette catégorie est marquée par une grande diversité : les jeunes se trouvent dans une phase d’orientation sociale ainsi que de construction d’identité et de perspectives d’avenir – autant de processus qui sont en lien étroit avec l’environnement social et le cadre institutionnel, sans oublier les évolutions à l’échelle mondiale.
Dans ce contexte, le monitoring systématique des situations de vie des jeunes et des jeunes adultes revêt une importance essentielle. Il permet de recueillir des informations sur leurs attitudes, leurs comportements et leurs ressources, afin de mieux identifier les évolutions sociétales majeures et d’orienter les mesures politiques. Ce faisant, il ne s’agit pas seulement de s’intéresser à des facteurs de risque tels que la charge psychique, l’exclusion sociale ou la discrimination économique, mais aussi aux facteurs de protection, aux potentiels et aux stratégies de coping que les jeunes mettent en œuvre dans leur vie quotidienne. Le rapport s’attache en particulier à la thématique de la digitalité, un phénomène transversal qui touche profondément la jeunesse. Les jeunes grandissent dans un monde où les technologies numériques ne sont pas simplement des outils de collecte de données et de communication, mais constituent une partie intégrante de leur quotidien, du développement de leur identité et de leurs relations sociales. Depuis longtemps, les médias numériques ne sont plus de simples moyens de communication ou de divertissement ; ils marquent désormais l’éducation et la formation, la participation à la vie sociale, la quête d’identité et l’engagement politique. Les jeunes évoluent dans ces espaces hybrides, donnent activement forme aux contenus qui leur sont proposés et développent leurs propres formes d’expression. Dans le même temps, ils se voient confrontés à des défis qui vont de l’usage excessif et de l’excès d’informations au cyberharcèlement et à l’injustice numérique.
Les jeunes ont une attitude ambivalente envers la digitalité : d’une part, ils y voient une occasion de réalisation de soi, de constitution d’un réseau et de participation ; d’autre part, ils sont nombreux à sentir la pression d’une injonction à être constamment joignable, la peur de rater quelque chose (Fear of Missing Out), ainsi qu’une incertitude croissante quant à l’évaluation et l’utilisation des informations numériques. L’ensemble de ces facteurs conduit à dresser un tableau différencié des situations et des vécus des jeunes, susceptible de montrer de quelle manière ils se comportent devant un monde sans cesse plus complexe et de quelles structures de soutien ils ont besoin pour faire face à ces défis.
Le Rapport sur la Jeunesse 2025 a été rédigé à la demande du Ministère luxembourgeois de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse par une équipe interdisciplinaire de chercheurs dans le domaine de la jeunesse rattachés au CCY de l’Université du Luxembourg (cf. liste des auteurs). Les contributions se basent principalement sur des études empiriques développées et réalisées par l’équipe, combinant méthodes qualitatives et quantitatives afin d’obtenir un tableau aussi complet que possible de l’univers vécu des jeunes au Luxembourg. Au-delà des études et analyses de données secondaires nationales et internationales, le rapport présente de nouveaux résultats issus d’enquêtes et d’entretiens avec des jeunes et leurs parents. L’objectif était de ne pas se contenter d’une agrégation de données statistiques, mais d’intégrer au centre de la démarche la voix et les perspectives des jeunes concernés, afin de prendre en compte sur un mode différencié et concret les attitudes, comportements, ressources et défis de la jeunesse dans un contexte d’évolutions dans les domaines social, sociétal, technologique et numérique.
Nous remercions ici tout d’abord les nombreux jeunes d’âge compris entre 12 et 29 ans, ainsi que tous les parents, qui par leur participation aux enquêtes et questions ont apporté une contribution essentielle à la réalisation de ce rapport. Nous adressons également nos remerciements au Comité de Pilotage, à l’équipe de Concertation Continue et au Comité de conseil scientifique pour leur précieuse collaboration ; ils ont accompagné nos travaux dans un esprit d’ouverture, en offrant leur soutien incessant, leur expertise technique et leur retour constructif. Dans le Comité de conseil scientifique, nous avons bénéficié du soutien de la Prof. Ulla Autenrieth, le Prof. Antoine Fischbach, du Dr. Andreas König, la Prof. Nadia Kutscher, du Prof. André Melzer, du Dipl.-Päd. Heinz Müller, du Prof. Albert Scherr, la Dr. Iren Schulz et la Dr. Claudia Zerle-Elsäßer. Georges Metz, la Dr. Josepha Nell et Christine Konsbruck du Service National de la Jeunesse nous ont été d’un grand soutien en tant que membres du Comité de Pilotage et nous ont également accompagnés, avec la Dr. Jessica Leuck et Dora Fernandes ainsi que la Dr. Debora Plein et Jeff Kaufmann de BEE SECURE, dans le cadre de la Concertation Continue. En outre, nous tenons à remercier en particulier notre rapporteur scientifique, le Prof. Helmut Willems, pour son avis d’expert et ses précieuses remarques. De même, nous remercions chaleureusement Sabrina Fiel Abade, Cheyenne Gerritsen, Elma Hodžić, Kathrin Luckey, Laura Märker, Rachel Mohr, Anh Ngoc Vo et Ştefan-Alexandru Şolcă, étudiants, pour leur soutien actif. Enfin, nous voulons remercier Simone Charles, qui cette fois encore a assuré un soutien administratif et organisationnel des plus efficaces lors de la réalisation de ce rapport.
Enfin, nous remercions le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, notre partenaire de longue date, ainsi que l’Université du Luxembourg, pour la mise à disposition des ressources nécessaires, sans lesquelles ce Rapport sur la situation de la jeunesse au Luxembourg n’aurait pas pu voir le jour.