Le taux de NEET (Not in Education, Employment or Training – personnes qui ne sont ni aux études, ni au travail, ni en formation) est une source d’informations supplémentaire sur le chômage des jeunes ; il constitue un indicateur de la situation des jeunes dans les domaines de la formation et de l’emploi. Les jeunes et jeunes adultes classés dans la catégorie des NEET forment un groupe hétérogène. On y trouve des jeunes qui ont terminé leur scolarité obligatoire mais n’ont pas encore entamé une formation ou des études supérieures, mais aussi ceux qui ont déjà obtenu une qualification et sont en recherche d’un emploi. Les causes des situations de NEET sont donc multiples (cf. Furlong, 2006).
Certains jeunes mettent délibérément cette phase à profit pour des raisons d’orientation personnelle ou professionnelle, soit après avoir obtenu un diplôme de l’école secondaire, soit à la fin d’une formation professionnelle. Ils prennent le temps d’une réorientation, de trouver des possibilités de poursuite de leurs études ou d’attendre la fin de procédures de candidature. Ce moment de transition peut également comprendre des phases d’apprentissage ou d’expériences informelles, comme les voyages, des formations pratiques, des stages ou un engagement en tant que volontaire, sans que ces activités ne soient prises en compte dans les statistiques de formation ou d’emploi. En revanche, d’autres personnes vivent cette phase d’inactivité comme une période pénible lorsque des circonstances extérieures rendent plus difficile leur participation à la formation ou à l’emploi. Parmi ces facteurs extérieurs figurent également des problèmes de santé, une détresse psychologique ou des obligations familiales, telles que la prise en charge de jeunes enfants. De même, des expériences négatives dans le système éducatif ou des échecs répétés dans la recherche d’emploi peuvent durablement affaiblir la motivation et les attentes de réussite. Enfin, un environnement ou un parcours marqué par des comportements conflictuels, notamment chez des jeunes délinquants ou issus de contextes familiaux difficiles, peut accroître les obstacles à l’accès à la formation et au marché du travail.
Bien que leurs situations soient diverses, les personnes ni aux études, ni en emploi ni en formation sont souvent confrontées à une situation socio-économique difficile et à un risque d’exclusion sociale.
La fig. 3.11 illustre l’évolution du taux de NEET au cours des dernières années au Luxembourg et dans les pays voisins. Par rapport aux autres pays, le Luxembourg enregistre jusqu’en 2022 le taux le plus bas pour connaître ensuite, de 2022 (6,8 %) à 2024 (8,7 %), une augmentation avec des taux qui restent cependant inférieurs à ceux de la France et de la moyenne des États UE-27.