4.2.2 Intérêt pour la politique

Le chapitre précédent a permis de mettre en lumière que les jeunes perçoivent et prennent au sérieux les évolutions sociétales actuelles. La question se pose toutefois de déterminer si ces préoccupations suscitent également un intérêt pour la politique. L’intérêt pour la politique est à la fois une condition préalable et une motivation pour les jeunes afin d’acquérir des compétences et des connaissances politiques et de s’engager politiquement.

À la question portant sur leur degré d’intérêt pour la politique, plus de la moitié des adolescents et des jeunes adultes âgés de 12 à 29 ans déclarent être « peu » ou « pas du tout » intéressés par la politique (cf. fig. 4.5). Des différences notables peuvent en outre être observées en fonction du sexe, de l’âge ainsi que du statut socio-économique (SSE) subjectif des jeunes.

Les femmes interrogées, les adolescents (âgés de 12 à 15 ans) et les personnes au SSE faible ou moyen déclarent plus fréquemment ne s’intéresser que peu ou pas du tout à la politique. Les différences les plus marquées concernent l’âge: environ 72 % des 12 – 15 ans déclarent ne s’intéresser que peu ou pas du tout à la politique. Chez les 16 – 20 ans, cette proportion atteint environ 54 %, 46 % chez les 21 – 25 ans et enfin, celle-ci descend à 44 % chez les 26 – 29 ans.

Le statut socio-économique influence également considérablement l’intérêt pour la politique. Les jeunes au SSE élevé sont en effet nettement plus nombreux (23,5 %) à se déclarer (très) intéressés par la politique. Cette proportion tombe à environ 17 % chez les jeunes au SSE faible ou moyen, qui manifestent donc un intérêt plus limité pour la politique. De plus, au-delà de ces différences liées au SSE, les jeunes de la deuxième génération issue de l’immigration déclarent en particulier un intérêt moindre pour la politique (cf. tableaux détaillés).

Une diminution de l’intérêt des jeunes pour la politique au Luxembourg apparaît entre 2019 et 2024 (cf. fig. 4.6). La proportion des 16 – 29 ans qui ne s’intéressent que peu, voire pas du tout, à la politique est ainsi plus élevée en 2024 (environ 47 %) qu’en 2019 (environ 43 %). Cette évolution suggère une baisse durable de l’intérêt pour la politique et ne montre aucun lien avec les écarts temporels entre les différentes éditions du Youth Survey Luxembourg et les élections communales au Luxembourg.4


  • 4

    Les dernières élections communales se sont tenues un an avant l’enquête de 2024 et deux ans avant l’enquête de 2019. Il est toutefois généralement admis qu’un éloignement temporel moindre par rapport aux élections augmente l’intérêt pour la politique plutôt que de le réduire.