Afin de déterminer la position et l’avis des jeunes vis-à-vis des responsables politiques, de l’activité politique et de l’influence politique, dix affirmations ont été présentées à des jeunes âgés de 12 à 29 ans. Ils ont été invités à indiquer dans quelle mesure ils étaient d’accord avec chacune de ces affirmations (Deutsches Jugendinstitut, 2010 ; ESS, 2016 ; GESIS, 2008 ; Institute for Social Research and Analysis, 2004). Les fig. 4.7 et 4.8 présentent le degré d’accord des jeunes avec ces affirmations.5 Les réponses des jeunes ont par la suite été regroupées en deux catégories: tout d’abord, les affirmations relatives à la politique, aux responsables politiques et à l’influence politique, et dans un second temps, les affirmations relatives à l’engagement politique.
Opinions concernant la politique, les responsables politiques et l’influence politique
Les jeunes ont été invités à indiquer dans quelle mesure ils étaient d’accord avec certaines affirmations relatives à la politique, aux responsables politiques et à l’influence politique. La fig. 4.7 révèle qu’environ un tiers des jeunes doutent de la marge d’influence de la politique et trouvent que l’affirmation « Ce n’est que pour certains sujets que la politique a encore de l’influence » est exacte. Ces doutes sont partagés par tous les groupes sociodémographiques.
Les doutes concernant la répartition équitable du pouvoir sont encore plus marqués. Environ deux cinquièmes des jeunes sont d’accord avec l’affirmation relative à la répartition inégale du pouvoir : « Chez nous, ceux qui ont vraiment du pouvoir sont peu nombreux, tous les autres n’ont aucune influence sur ce que fait le gouvernement ». Ils expriment ainsi le peu de confiance qu’ils accordent à la répartition équitable du pouvoir au Luxembourg. Ce degré d’accord augmente avec l’âge et diminue chez les jeunes dont le SSE est plus élevé (cf. tableaux détaillés).
Les jeunes estiment que les responsables politiques ne se focalisent ni à eux ni à la volonté de l’électorat. Environ la moitié des jeunes indiquent être d’accord avec les affirmations suivantes: « Je ne pense pas que les politiciens s’intéressent à ce que pensent les gens comme moi » et « Tout ce qui intéresse les politiciens, c’est qu’on vote pour eux et non ce que les électeurs veulent vraiment». Plus le SSE subjectif est élevé, plus la proportion de jeunes qui trouvent ces affirmations justes diminue, tandis que la proportion de jeunes qui y adhèrent augmente avec l’âge. Les jeunes qui ont eux-mêmes un parcours migratoire en particulier trouvent ces affirmations (très) justes (cf. tableaux détaillés).
La plupart des jeunes aimeraient que les jeunes aient plus d’influence dans le domaine de la politique. Deux tiers des jeunes sont d’accord avec l’affirmation «En politique, plus de jeunes devraient avoir leur mot à dire». Cette affirmation est la plus approuvée parmi toutes celles qui portent sur la politique, les responsables politiques, l’influence politique et l’engagement politique. Le niveau d’approbation de cette affirmation est similaire au sein de l’ensemble des groupes sociodémographiques. Il apparaît néanmoins que les femmes interrogées trouvent cette affirmation plus souvent juste que les hommes (cf. tableaux détaillés).
Par rapport à l’année 2019, les avis des jeunes concernant la politique, les responsables politiques et l’influence politique n’ont pas significativement évolué (cf. tableaux détaillés).
Opinions concernant l’engagement politique
Les résultats du Youth Survey Luxembourg 2024 révèlent qu’une majorité des jeunes croit en l’efficacité de l’engagement politique (cf. fig. 4.8). Ainsi, plus de la moitié des jeunes âgés de 12 à 29 ans déclarent être d’accord avec l’affirmation selon laquelle «En s’engageant dans la politique, on peut avoir de l’influence et faire bouger les choses ». Près de 28 % sont neutres à l’égard de cette affirmation, tandis qu’environ 15 % la rejettent.
Cette conviction d’être capable d’agir politiquement est importante, puisqu’elle va de pair avec la volonté de s’engager politiquement. L’engagement politique des jeunes est souvent conditionné par l’espoir d’avoir un impact concret. Plus de deux cinquièmes des personnes interrogées sont ainsi d’accord avec les affirmations suivantes : « Je ne m’engage dans la politique que si je sais que cela m’apportera quelque chose » ainsi que « Mon influence politique est si faible que ça ne vaut pas la peine pour moi de m’engager politiquement ». Le taux d’accord avec ces affirmations varie considérablement en fonction du sexe, de l’origine migratoire et du statut socio-économique subjectif (cf. tableaux détaillés).
Parallèlement, certains signes indiquent un changement dans les attitudes des jeunes. En comparaison avec 2019, la proportion des 16 – 29 ans qui ne sont pas d’accord avec l’affirmation « Je ne m’engage dans la politique que si je sais que cela m’apportera quelque chose » est plus élevée en 2024. Cette différence est particulièrement marquée chez les jeunes issus de milieux socio-économiques modestes : alors qu’en 2019, seul un cinquième de ce groupe n’était pas d’accord avec cette affirmation, cette proportion a dépassé les 30 % en 2024. La part de ceux qui sont d’accord a quant à elle diminué, passant d’environ 49 % à 38 % (cf. tableaux détaillés).
Le manque d’orientation pour savoir comment et où s’engager politiquement reste un obstacle central. Environ la moitié des jeunes déclarent ne pas savoir comment « avoir une influence en politique ». Seul un cinquième d’entre eux affirment savoir comment s’engager politiquement. Les jeunes filles, les jeunes de 12 à 15 ans, ceux d’origine migratoire et ceux au SSE subjectif faible sont particulièrement concernés par ce manque d’orientation (cf. tableaux détaillés).
Pour certains jeunes, concrétiser leur désir de participation politique échoue faute de savoir comment s’y prendre : environ 19 % des jeunes sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle ils ont « déjà pensé à m’engager dans la politique, mais je ne savais pas où et comment je devais le faire ». Il est à noter que les plus jeunes (12 – 15 ans) sont moins nombreux à approuver cette affirmation que les jeunes plus âgés, ce qui peut être dû à un besoin politique moins marqué lié à leur âge ou à une initiative personnelle plus faible. En revanche, les jeunes qui ont eux-mêmes un parcours migratoire trouvent plus fréquemment cette affirmation (très) juste (cf. tableaux détaillés).