La section précédente a présenté les opinions des jeunes au Luxembourg en matière d’engagement politique. La section suivante décrit les activités concrètes que les jeunes pratiquent au Luxembourg afin d’exercer une influence en politique ou faire valoir leurs points de vue. Cette démarche permet de dresser un tableau complet de la participation politique et des préférences des jeunes, ainsi que d’identifier les formes de participation qui intéressent particulièrement cette tranche d’âge.
L’enquête YSL recense différentes formes de participation politique que les jeunes envisagent ou ont déjà entreprises. Les jeunes âgés de 16 à 29 ans ont été invités à indiquer s’ils ont déjà participé à l’une ou plusieurs des neuf activités politiques6 proposées, s’ils pourraient y participer, s’ils ne le feraient en aucun cas ou s’ils ne savent pas quelle est leur position vis-à-vis de chacune de ces formes de participation politique.
La fig. 4.9 donne un aperçu des différentes possibilités de participation politique auxquelles les jeunes adultes au Luxembourg ont (ou n’ont pas) recours. Celle-ci révèle que les collectes de signatures, le boycott ou l’achat de produits ainsi que les manifestations autorisées sont les formes de participation politique les plus populaires parmi les jeunes adultes au Luxembourg. Entre un tiers et un quart des jeunes adultes déclarent avoir déjà eu recours à ces formes de participation politique.
Environ un cinquième des jeunes adultes ont déjà utilisé les possibilités numériques, comme les actions de protestation en ligne ou la publication et le partage en ligne de contenus politiques pour participer à la vie politique. Cependant, plus de 50 % des jeunes adultes déclarent qu’ils ne le feraient en aucun cas ou ne sont pas certains qu’ils le feraient (cf. Chapitre 5). Les manifestations non autorisées de même que le travail au sein d’un parti politique sont les formes de participation politique les moins utilisées. Seul un jeune adulte sur vingt a déjà eu recours à l’une de ces deux formes de participation et plus des deux tiers n’y auraient pas recours ou ne savent pas s’ils le feraient.
Il existe des préférences distinctes entre les sexes en matière de participation politique : les femmes interrogées sont plus enclines à participer à des collectes de signatures, à des boycotts de produits, à des manifestations autorisées et à s’exprimer sur des sujets politiques en ligne. Les hommes interrogés sont quant à eux légèrement plus disposés à participer à des débats publics et à s’engager dans des partis politiques (cf. tableaux détaillés).
La participation politique des jeunes adultes varie également en fonction de leur âge et de leur SSE. Avec l’âge et l’augmentation du SSE, la disposition à participer à la vie politique croît pour cinq des neuf formes de participation politique qui ont été proposées aux jeunes adultes dans le cadre de l’enquête. Les jeunes d’origine migratoire tendent à être moins enclins à participer à quatre des neuf formes de participation politique proposées (cf. tableaux détaillés).
L’analyse de l’évolution des préférences en matière de participation politique entre 2019 et 2024 révèle une baisse de la volonté de participer à presque toutes les formes de participation. Cette baisse est particulièrement notable au niveau de la participation à des manifestations non autorisées et de l’engagement dans un parti politique. La seule exception concerne la collecte de signatures : les jeunes adultes sont plus disposés à y participer en 2024 qu’en 2019 (cf. tableaux détaillés).
La comparaison internationale réalisée dans le cadre de l’enquête Eurobaromètre jeunesse 2024 (Youth Survey 2024) indique que les quelque 500 personnes âgées de 16 à 30 ans interrogées au Luxembourg ont été plus actives politiquement que la moyenne européenne (Ipsos European Public Affairs, 2025, p. 48). La proportion de jeunes au Luxembourg ayant déjà utilisé ces formes de participation au moins une fois est bien plus élevée que la moyenne européenne, notamment pour les trois formes qui sont également les plus souvent mentionnées dans le cadre de l’enquête YSL :
- lancer ou signer des pétitions (35 % au Luxembourg,
26 % dans l’UE) ; - boycotter et acheter des produits pour des raisons politiques, éthiques ou écologiques (32 % au Luxembourg, 19 % dans l’UE) ;
- la participation à des consultations publiques en ligne ou hors ligne (28 % au Luxembourg, 10 % dans l’UE) ;
- la participation à des manifestations ou à des protestations (23 % au Luxembourg, 16 % dans l’UE) (Ipsos European Public Affairs, 2025).
Ces résultats montrent que les jeunes adultes tendent à se tourner davantage vers des moyens de participation politique alternatifs. Ces derniers préfèrent s’engager politiquement en faisant connaître leur opinion plutôt qu’en s’impliquant dans un parti politique. Il serait donc pertinent de mener des campagnes d’éducation et d’information ciblées afin de sensibiliser les jeunes à l’importance de l’engagement politique traditionnel et de les encourager à participer. Par ailleurs, il apparaît nécessaire de mettre en avant des formes alternatives de participation politique qui soient attrayantes et accessibles pour les jeunes.
- 6
Les neuf activités politiques proposées comprenaient les suivantes : Participer à une discussion publique lors de meetings ; Collaboration à une initiative citoyenne ; Travailler de façon active dans un parti ; Participation àune manifestation non autorisée ; Participation à une manifestation autorisée ; Participation à une collecte de signatures ; Boycott ou achat de produits pour des raisons politiques, éthiques ou écologiques ; Participation à une action de protestation en ligne ; Publication ou partage sur internet de quelque chose concernant la politique (Deutsches Jugendinstitut, 2010 ; ESS, 2016 ; GESIS, 2008 ; Institute for Social Research and Analysis, 2004).