Les chapitres précédents nous ont déjà permis de constater qu’à l’ère du numérique, l’éducation tend à se détacher progressivement des lieux physiques et des horaires prédéfinis. Les jeunes évoluent aujourd’hui dans un environnement de connaissances accessible à tout moment et de manière quasi illimitée. Les plateformes numériques, les applications d’apprentissage spécialisées ou les forums numériques leur ouvrent des espaces d’apprentissage indépendants des structures institutionnelles et qui peuvent être organisés de manière flexible, situationnelle et autonome. Cette transformation amène l’apprentissage autodirigé à gagner progressivement en importance : il est le fruit d’une initiative individuelle, repose sur des centres d’intérêt personnels et peut être organisé de manière autonome aussi bien au niveau des horaires que du contenu (Kerres, 2024). Les offres numériques ne proposent pas uniquement une grande diversité d’informations, elles aident aussi à s’orienter, à réviser, à mieux comprendre et, dans certains cas, à tester ses connaissances. Les jeunes mènent des recherches ciblées, comparent les sources, organisent leur rythme d’apprentissage et établissent des liens entre ce qu’ils ont appris et leur quotidien. Ainsi naissent des processus éducatifs qui s’éloignent toujours plus des structures scolaires classiques, sans pour autant s’y opposer nécessairement.
Quels sont les contenus qui intéressent les jeunes dans les espaces éducatifs numériques ? Quels sont les intérêts et les motivations qui guident leurs pratiques d’appropriation ? Et quels sont les facteurs qui favorisent ou entravent ces parcours d’apprentissage autonomes ? Le chapitre suivant traite de ces questions et révèle, grâce aux témoignages recueillis lors des entretiens, la façon dont les jeunes utilisent et perçoivent les environnements d’apprentissage numériques.